Mercredi 9 décembre 2009
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"Tu DOIS aller à Kyoto."
Cette phrase, je l'ai entendue au moins trois cent trente quatre fois. "C'est magnifique", "la plus belle ville du Japon", "rien à voir avec Tokyo", "la ville est remplie de temples", "c'est une
splendeur", "la seule ville que même les Américains n'ont pas osé bombardée", "il y a de la forêt primaire", "des biches ah non ça c'est à Nara", la litanie n'en finit pas. Je vous mets au défi de
trouver une seule personne qui dise du mal de Kyoto.
Je savais donc que j'allais être déçu. Quand on vous dit tant de bien d'une ville, d'un film, ou de n'importe quoi, vous imaginez forcément quelque chose de monumental, une expérience ultime, qui
transcenderait tous ceux qui y mettraient les pieds.
En fait de transcendance, vous verrez, en arrivant, une gare splendide, qui ouvre la ville sur le nord et sert de cache misère à la partie sud. En sortant , la déception est terrible.
Je m'attendais à une ville de bois et de cailloux, à des temples-restaurants, à des moines chauffeurs de vélo-taxis, à la forêt dans la ville, à des ruelles piétonnes, à tout le moins!
Quelle tristesse.
MacDonald's, Starbucks, Family Mart, immeubles triangulaires, dépareillés et vaguement sales.
On marche, et c'est pire encore. De grandes avenues, beaucoup de voitures, et des immeubles triangulaires, dépareillés et vaguement sales.
Les mêmes boîtiers externes d'air conditionnés, dont les supports métalliques dégoulinent sur les murs à force de rouiller.
Alors, c'est ça, Kyoto. Tokyo sans la démesure ni la folie. En somme, c'est Sendai en plus touristique.
C'est tout simplement une ville japonaise, avec ses côtés charmants dans son absence d'urbanisme.
Loin de l'expérience totale de la cité, que l'on peut éprouver en débarquant à Venise, Rome ou Barcelone. A Copenhague, à Berlin, à Paris, la ville est un monument unique, et le standard
globalisé est relégué à la périphérie.
A Kyoto, c'est le contraire.