Vendredi 11 décembre 2009
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Le jardin de pierre du temple Ryoanji.
Il est composé de quinze rochers répartis en cinq groupes.
C'est d'ailleurs l'activité principale. On les compte au cas où la brochure fournisse des informations erronées. "Il n'y en a que quatorze!" - "Tu n'as pas compté le petit, au fond, caché par
le gros."
La brochure invite pourtant à un élévation du débat : "C'est à chaque visiteur de trouver pour lui-même ce que ce jardin unique signifie. Plus vous le regarderez longtemps, plus votre imagination
deviendra variée."
Marketeurs, arrêtez les paperboards, et achetez vous un jardin zen pour vos brainstorming.
On se moque, mais ce jardin est superbe. A l'opposé du jardin de mousse du pavillon d'argent, précédemment cité. Il ne s'agit pas, ici, de s'approprier la nature et de la policer.
Dans l'Empire des Signes, Barthes explique que ce jardin de pierre nous parle du travail. Celui qu'il a fallu pour amener les rochers, et celui qu'il faut pour entretenir les rainures parallèles
dans le sol de graviers. Je ne trouve pas cela complètement faux, mais ça me semble un peu réducteur.
C'est une oeuvre d'art, en rupture avec les représentations traditionnelles de la nature, avec les codes de la terre, du jardinage. C'est une carte gigantesque, et en trois dimensions.
Somme toute, une mer de graviers, qui comprend quinze rochers.