Dimanche 29 juin 2008

Ce week end, un de mes amis m'a invité dans sa famille, à Mishima, à côté de Shizuoka, à une heure de train au sud de Tokyo. Une maison traditionelle, deux étages avec le portes coulissantes et les tatamis. C'était superbe. La mère de Shinichi cuisine très bien, c'était meilleur qu'au restaurant ^^
Et là j'hésite, j'alternoie, je sèche. Cela vaut-il la peine de vous raconter le programme de mon weekend? Le passage au Honsen, avec le fils et le père; les clopes fumées sur la terrasse en discutant politique, en écoutant le chant des insectes et en savourant un délicieux "shoshu"; le gps de la voiture qui marche quand il marche, la visite de la marche d'hakone, et de son musée rempli d'armures de samourais, celle de la fabrique de fusil du début de l'ère Meiji, qui m'a rappelé le texte de Nicolas Bouvier sur la première rencontre entre l'Europe et le Japon, au 16eme siècle, le restaurant d'anguille, oishi onagi?
Faut-il évoquer cette grand mère, de quatre vingt deux ans, qui s'efforce de vivre ici en gênant le moins possible? Cette maman adorable qui se lève à sept pour préparer le petit déjeuner pendant que tous, nous dormons? Le père, qui travaille dans le gaz de ville, et exhibe en fin de soirée de magnifiques trophées de pêche, deux énormes poissons que l'on a enduit d'encre pour les imprimer sur le papier avant de les dévorer? Le frère un peu timide, amateur de mangas et de karaoke? Et mon ami lui-même, ravi de retrouver sa maison, sa famille, son chien Kazu, et heureux malgré tout de rentrer le dimanche soir à Tokyo?
Ce qui est le plus important, c'est ce moment où on m'a montré les albums photos. Les enfants à l'école primaire, habillés pour un festival, les vacances en Italie, les premiers pas, le séjour à Vancouver, les photos de l'associations des anciens combattants à laquelle adhérait le grand père, la première moto...
Je pense à ces centaines de millions d'albums qui remplissent les étagères de toutes les familles de la planète, et oui, nom d'un chien, je me dis qu'on est vraiment tous les mêmes. Les cultures fournissent juste ce qu'il faut de saveurs différentes pour qu'on ressente le besoin d'aller voir ailleurs.


Hier, en sortant du boulot, je suis repassé par
un quartier où j'ai habité trois mois, il y a deux ans de cela, lors d'un stage. Maruyama-Cho, c'est un petit quartier situé dnas le district de Shibuya, juste à côté de la gare. Ici, pas de
shopping ni de karaoke, mais des clubs (Atom, Club Asia, Womb), des love-hotels et pas mal de prostituées. Une sorte de quartier fantôme à Shibuya, le "dark side".
Hier c'était football.

Après le taf, sur le chemin du retour, je me
suis arrêté à Shibuya.
