Jeudi 3 juillet 2008
Après le travail.Ici, ça sonne comme "après la pluie". C'est un fait. On travaille trop au Japon.
Trop. C'est quoi, "trop"? Trop, c'est trop.
C'est quand la vie se restreint, que la pensée s'obstrue, et que l'on a plus que ses journées au bureau à raconter à ses amis. Qui sont en fait des collègues.
Trop, c'est quand on se dissout dans l'entreprise, au point d'en être un repère géographique "le bureau à côté de Yamamoto san". C'est quand on ne veut pas rentrer chez soi, qu'on ne prend pas ses vacances, qu'on dort dans les locaux et qu'on redoute l'âge de la retraite. Le travail comme une norme d'organisation sociale plutôt que comme une activité économique.
En France aussi, le travail est la plupart du temps dénué de sens. On participe à une sorte de Gestell, où chacun a sa place et s'investit à la hauteur de sa motivation dans la surproduction de biens et de services inutiles. Mais au moins, on le fait parce qu'on est obligé. Et la plupart du temps, on ne fait pas de zèle, profitant des moindres espaces de liberté, des moindre failles temporelles pour aller rotir sur une plage, faire le marché, s'adonner au bricolage ou emmener ses enfants au cinéma ou au match de foot. Activités somme toute naturelles, si on essaye d'imaginer à quoi se seraient occupés les premiers homo sapiens s'ils avaient bénéficié d'un système de production aussi efficace que le notre.
Au Japon, c'est donc pire. Parce que le travail n'est pas perçu comme quelque chose de négatif. D'ailleurs, si un nipophone étymologiste pouvait me donner la racine latine de "Chigotto", je suis sûr qu'il ne serait nullement question de torture. J'imagine que ça tournerait plus autour de "l'épanouissement de l'individu au service de la collectivité". Quelque chose d'approchant.
Mais il faut reconnaître au travail un mérite. Il est à l'origine d'un délicieux sentiment de liberté, lorsqu'il se termine.
Alors, on prend le temps de profiter de ces instants, on va boire une bière, on mange avec ses anciens co-détenus quelques morceaux de sashimis, des cuisses de poulet et quelques brochettes, et on fait descendre le tout avec un peu de saké.
Otsukare Samadesu.
par pierre alex
publié dans :
métaphysique
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IlHame desu. Il pleut. Encore.
Hame desu.
Ce matin, j'ai pris mon petit déjeuner à côté du
travail.
Deux amoureux dans une izakaya.
Dimanche j'ai joué au jeu vidéo.
Aujourd'hui, premier jour au travail.
"Mon compagnon Théo, qui est pourtant
mime de métier, ne va pas plus loin que moi avec ses grimaces. Il s'enquiert un peu partout de sa danse phallique et voudrait savoir quand elle aura lieu. On lui tape sur l'épaule, on lui verse de
grandes rasades, on lui fait amicalement cent plaisanteries obscènes, mais on ne lui répond pas. ce n'est pas du tout qu'on se gêne ni qu'il y ait le moindre secret là-dessous, mais après quelques
cruches de saké le village ne sait trop quoi penser de ces étrangers aux yeux posés partout. Notre avidité à savoir les mets un peu sur la réserve. Cette danse-là -si la chose est possible-, il
n'est pas exclu qu'ils la reportent au lendemain. Par une sorte d'économie. Dans comprendre il y a prendre, et ce village n'a rien de trop."
Aujourd'hui j'ai trouvé un vrai travail.
Aujourd'hui j'ai travaillé.