Le cimetière des Shoguns !
Donc, les portes du Shinkansen se referment, et nous filons à deux cent kilomètres heures à travers le Kanto, la région de Tokyo. Sugimoto San me demande si le TGV est mieux. En bon français, je lui réponds que oui, assurément. Et ce n'est pas complètement faux. Le Shinkansen est aménagé comme un avion, avec des hublots, des sièges amovibles et .... une espèce de lino au sol, rien à voir avec la merveilleuse moquette SNCF. Sincèrement, et sans verser dans le chauvinisme, le shinkansen n'est pas très chaleureux. D'ailleurs, histoire de couper court, le plus beau train que j'ai jamais pris était allemand : l'ICE.Nous sommes arrivés en milieu d'après midi, après une heure de voyage. J'étais content de revoir ses parents et son frère. On a bien discuté (mon japoglais s'améliore petit à petit), et puis on a été mangé des yakitoris au restaurant, à coté. Que dire des Yakitori? Ce sont des brochettes, de poulets, de viscères, de porc, de fromage et de tout ce qu'on peut enfiler sur un bout de bois et faire griller. Et dieu, que c'est bon. J'ai vu, à cette occasion et pour la première fois sa soeur, accompagnée de son mari, propriétaire d'une Mercedes, plus apte à transporter l'enfant à venir que la Ferrari F355 qu'il utilisait auparavant.
Etrange pays, où mangent à la même table et sans chichis des gens qui viennent de milieux très différents. J'essaierai de développer cette idée un autre jour.
Après le repas, on est rentré à pied à la maison. La famille de mon pote habite une sorte de petite agglomération, qui m'a beaucoup rappelé les banlieues "rurales" des grandes villes françaises. Les mêmes problèmes de cohabitation entre des citadins qui fuient le stress de la ville et des paysans qui élèvent des animaux qui sentent mauvais.
Le lendemain, debouts à 7h30. La mère de mon ami, levée une heure avant, nous a préparé un petit déjeuner somptueux, "Asa Gohan" (riz du matin). Mizo soup, omelette, poisson grillé et des alevins. Ensuite, direction Shizuoka, où nous avons visité les maisons "préhistoriques" des peuples qui habitaient le Japon avant les Japonais (Ainous, Okinawaiens). Nous avons déjeuné dans un superbe restaurant, sashimi, et riz trempé dans une espèce de sauce à la pomme de terre, qui n'était pas piqué des vers. Direction le cimetière des Shoguns. C'est un lieu saint boudhiste, dans lequel se situe un tout petit musée assez intéressant. On y trouvera notamment l'appareil photo du dernier shogun, Tokugawa Yoshinobu. Cela permet de se remémorer que le Japon est resté un régime féodal jusqu'en 1868. Les shoguns étaient des "généraux", des gouverneurs militaires qui dirigeaient le Japon, l'empereur etant un chef "spirituel", sans reel pouvoir.
Et puis, il a bien fallu rentrer. A la maison, tout d'abord, où la mère et la soeur de mon ami ont préparé un délicieux nabé. C'est une sorte de pot au feu, qui cuit sur la table à manger, et où les aliments sont rajoutés au fur et à mesure qu'ils sont consommés. Le temps de dire au revoir à tout le monde, sans oublier la grand mère, et on reapartait pour Tokyo.
Et oui : "Ashita wa chigotto desu"...
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