Transfert (04)

Publié le par pierre alex




Aujourd'hui, ça fait une semaine que je suis de retour au Japon.
Une semaine que je me retrouve projeté en vitesse accélérée dans une société où tout bouge tellement vite qu'en fait on n'a pas l'impression d'avancer. Le contraire de la France, en quelques sorte.
Dans l'avion, on traverse la frontière entre l'Europe et l'Asie, mais on ne le voit pas. Tout juste une pensée émue nous effleure entre le repas artificielle et le début du troisième film qu'on matte comme un drogué enchaîne les lignes de coke. Dans cette frénésie d'images, on oublie le voyage. On oublie pourquoi on est parti et ce qu'on espère trouver. Les systèmes de divertissements disent bien leur nom. Et 355 passagers passent le temps, comme si ce temps n'avait pas de valeur propre et valait seulement la peine d'être tué.
Ca me rappelle ce temps du train, entre Yoyogi Uehara et Fujisawa, où j'enseigne le français. Une heure perdue, une heure contre laquelle on se bat, on enchaîne les mails et les jeux nintendos, pour la vider de son sens et de sa réalité. Son sens, c'est celui qu'on accepte de lui donner, si on la considère, cette heure, si on l'aime et qu'on la respecte. Une heure pour laisser errer ses pensées. Et sa réalité, elle apparaît, au dénouement, entre la station Shonandai et le terminus. Vous ne pourrez pas la voir, mais pourtant il existe.
Là, en levant la tête de cette page, mes yeux ont croisé le mont Fuji tout enneigé.
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Publié dans métaphysique

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L
Bonjour Pierre, c'est vrai que je ne pensais pas du tout à Made in Tokyo qui se situe ailleurs et n'est pas représentatif de la majeure partie du reste. Les Toyota sont des voitures comme les Chrysler et les Jaguard. Elles roulent avec les mêmes avantages et inconvénients. Quant aux poncifs, ça m'arrive aussi donc ne vous inquiétez pas. Est-ce qu'une réunion de bloggeurs sur Tokyo un jour vous intéresse dans l'absolu, ou pas du tout?
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P
<br /> Ca me botte à fond !<br /> <br /> <br />
L
"dans une société où tout bouge tellement vite". Franchement, c'est un poncif, ça n'a aucun sens, avec le recul du temps justement. Le facteur du changement, ça n'est pas la vitesse à laquelle les boutiques et les objets changent mais les comportements, et les heures de pointes ici ou ailleurs sont des heures de pointes. Leurs particularités ne sont que des anecdotes de remplissage. La question fondamentale est de se demander franchement qu'est-ce que vous faites ici et pourquoi ce lieu génère tout ces questionnements et illusions. Autant commencer tôt.
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P
<br /> Bonjour Lionel,<br /> merci de votre passage.<br /> Bam. Un poncif. Certes. Je concède.<br /> Parfois, dans le feu de l'action, hypnotisé par la frappe sur mon clavier azerty, une mauvaise métaphore, une faute d'orthographe ou un poncif se glisse dans mes posts, pollution littéraire dont je<br /> vous suis gré de signaler l'existence afin de hisser se blog vers un standard de qualité plus élevé. Si les Japonais ont réussi à le faire avec les toyotas, tout est possible.<br /> Lecteur occasionel de votre blog, je constate que ce que vous pointez à travers votre commentaire fait parfois l'objet de réflexions approfondies dans vos posts.<br /> Quant à la question fondamentale "Qu'est ce que je fais ici et pourquoi ce lieu génère toutes ces questions et illusions", il me semble évident qu'elle est au coeur de chaque lignes dessinée ou<br /> écrite dans ce blog. Mais c'est le genre de question que j'attaque rarement de front tellement cela est vain.<br /> <br /> J'espère trouver des réponses au fil des pages, ou pas, rester... ou pas.<br /> <br /> Je tiens néanmoins à vous dire que j'aime beaucoup vos articles, mais je vous trouve un peu sévère dans vos jugements sur "la blogosphère francophone sur le Japon". Je vous recommande le blog<br /> made in tokyo.<br /> <br /> Bien à vous,<br /> <br /> Pierre.<br /> <br /> <br />
Z
Intéressante ton analyse.<br /> <br /> Depuis de deux ans et quelques que je travaille à Paris, j'ai eu entre trente et quarante minutes de métro matin et soir. Comme mes zombies de compagnons de trajet, j'ai investi dans des écouteurs pour pouvoir m'enfermer sans me ruiner les oreilles avec un volume élevé. Mais ce que j'écoute n'est pas nécessairement de la musique : des cours de japonais ou de coréen (lorsque ce n'est pas carrément un livre), ou plus simplement le bulletin d'information par exemple. Et lorsque je ne suis pas d'humeur, je griffone des réflexions diverses dans un calpin.<br /> <br /> Au final c'est une quantité considérable de temps passé à réfléchir, étudier, ou me documenter. Ce temps m'appartient, je refuse de l'abandonner.
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P
<br /> Bah oui, c'est top bête.<br /> Ca me rappelle une fois où je traînais dans un bar a Shibuya, et il y avait une fille, elle m'a dit qu'elle était chanteuse. Elle parlait très mal anglais, je lui ai demandé ce qu'elle faisait<br /> là.<br /> Elle m'a répondu "I am killing time."<br /> On était avec trois copains à moi qui sont guinéens. Ils en sont pas revenus et ils ont pas arrêté de la chambrer.<br /> Tuer le temps, c'est un peu se tuer soi-même non?<br /> <br /> <br />