Et pourtant ils existent.

"Tu niques les ouvriers? Alors dégage."
Collée sur la porte d'un bar minuscule du superbe quartier de Shinjuku Golden Gai, cette affiche du groupe Combat. Je suis passé devant des centaines de fois à Paris, et la retrouver à Tokyo me fait plaisir. Ca change des noms de boulangerie "Le vrai pain bon" etc.
Le propriétaire, la trentaine, ne parle pas anglais. Un ami lui envoie de France les affiches qui tapissent le bar. Anti Sarko, Rêve général, Mobilisation anti-G8. De belles photos de différents mouvements révolutionnaires. La Palestine, bien sûr, l'Angola...
Yoshi nous montre, à Raphaêl et moi, des photos de la Sorbonne occupée. Il nous raconte son parcours, mais c'est difficile de tout comprendre. Je crois qu'il a été arrêté pendant les manifestations anti-guerre, en 2003. Au Japon, la garde-à-vue peut durer trois semaines. Histoire d'être sûr de perdre son travail. Ca fait réfléchir. La manif, peut-être l'année prochaine. D'autant qu'ici comme en France, un policier énervé peut tout à fait vous envoyer un bon coup de matraque et vous accuser de lui avoir lancer un truc.
Bref, l'homme est devenu militant. Il a créé un réseau et ouvert un bar. Il propose, à l'étage, des discussions privées et confidentielles. On boit quelques verres de Shochu.
Un prof de cinéma fait son entrée. Il adore Chris Marker et a détesté le court métrage "Merde" de Carax, dans le film "Tokyo". Il nous parle de "On ne vit que deux fois", le James Bond qui se passe au Japon.
On continue à boire du Schochu.
Publicité