Yamate Dori

Une île.
Voilà à quoi je pense quand je vois ce micro immeuble sorti du goudron entre la route et une barre d'habitation.
C'est invraisemblable, je n'ose pas imaginer la gueule du plan d'urbanisme. Une verrue. Des tas de verrues, de bétons et de bois qui poussent ici et là, sans intelligence apparente.
A Tokyo, les maisons sont comme ces espèces de plantes urbaines, qui, à force de volonté, arrivent à émerger entre deux plaques de béton pour se faire écraser par le premier passant.
Sans aucun respect pour la perspective.
Ici, une maison c'est quelque chose de vivant.
D'abord, il y a la procréation. L'achat du terrain, le déblaiement.
Puis vient la phase de gestation. On coule une dalle de bitume et on installe un parking, histoire de ramasser un peu d'argent.
L'accouchement, on monte les charpentes, le béton, portes et fenêtres, et les petites rambardes en aluminium.
C'est prêt. On habite. Dix ans, vingt ans, trente ans. Plus la maison est vieille, plus le loyer décroît.
C'est l'heure de la retraite, petit à petit les locataires déguerpissent.
La maison retourne à la terre.
Rideau.
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