L'anguille.

Ce restaurant à anguille se trouve juste en face du carrefour de Shibuya qui me plaît tant.
Il faut lever la tête. C'est déterminant ici, si on veut éviter de se retrouver chez Macdonald's.
Les restaurants, les cafés, le karaokes et tout ce qui est cool prennent de la hauteur. A Paris, on rase le bitume.
Hors du rez-de-chaussée, point de salut.
C'est sûrement ça le plus dépaysant, ici. La ville se lit dans les trois dimensions.
Habitués à jongler entre les étages sous-terrains dans le métro, à utiliser des passerelles pour traverser la rue, passerelles qui se connectent pour former de véritables galeries aériennes au-dessus d'un quartier, à prendre l'autoroute à la cîme de la ville, ou un scotch au 54ème étage, les Japonais rigolent quand je sors mes cartes routières, vaine tentative pour appréhender l'espace.
La ville ne s'écrit pas. Elle se dessine un peu. Elle se lit, elle s'apprend, elle se goûte.
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