Le train, encore.
C'est qu'il fait froid ces temps-ci, il est difficile de rester planté dehors par ces températures.
Difficile aussi de dessiner avec des gants.
Alors, je prends le train, je regarde les passagers et parfois je les dessine.
En ce moment la vie est bizarre. Comme une situation éphémère qui dure.
J'enchaîne les leçons de français, les mails pour du travail, les entretiens pour des petits boulots.
C'est la crise, mais ça veut dire quoi exactement?
Pourquoi tout le monde continue-t-il à aller au travail, à sortir, si plus rien ne se fait, s'il n'y a plus d'argent pour rien?
La crise comme épée de Damoclès. Une courbe qui baisse, et les règles du jeu qui changent.
"Attention, au bout de trois, on devient tous pauvres et on embauche plus personne".
Ca m'a surpris, la crise.
Je pensais qu'on était déjà en crise, avec le taux de chômage à deux chiffres et les fermetures d'usines.
Mais en fait, non, tout allait bien, étais-je bête!
Par contre, maintenant... Il va falloir s'accrocher les gars, parce que là, c'est pas de la rigolade.
J'ai une suggestion :
On arrête un peu les conneries, on laisse les robots s'occuper de nous faire le minimum pour qu'on aie tous à bouffer pendant qu'on se la coule douce et qu'on se concentre sur des choses inutiles
comme l'art, l'écriture, la recherche. Pour le plaisir.
Alors évidemment, plus personne ne pourra se payer une Porsche.
C'est pas grave, on prendra le train.