Samedi à Shibuya. A la sortie de la station, la foule s'écoule au rythme des feux rouges qui immobilisent tout le carrefour. Il pleut sur Tokyo, et les accidents de parapluie sont inévitables. Le
parapluie vinyle, inventé fort à propos, permet donc de dégager une visibilité maximum, et d'éviter les chocs mortels. Pour les petits accrochages, c'est comme quand trois cent personnes sont
tassées dans un wagon de la Yamanote. Un sourire gêné, un "sumimasen" esquissé du bout des lèvres, et on oublie. Si la promiscuité pose problème, mieux vaut ne pas vivre à Tokyo.
Deuxième cours de japonais ce matin, à Harajuku. Je sais dire comment je m'appelle, d'où je viens et "enchanté". Un détail marrant, dans les deux cours, avec des profs complètement différents, on
m'a appris le même mot : "montre". Le proverbe dit que le Kami est dans les détails. Sans doute peut-on voir ici une manifestation du légendaire sens de la ponctualité qui caractérise les
Japonais.
En romanji (alphabet romain), la "montre" se dit "Tokei".
Au troisième top, il sera...
par pierre alex
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Aujourd'hui à Tokyo les voitures volent et les filles sont belles.
Les autoroutes sont splendides, les véhicules traversent la ville juste à la cime des immeubles.
D'improbables bretelles dessinent des rampes de lancement dans l'agglomération. C'est la ville de Blade Runner, on dirait qu'elle est la matérialisation d'un jeu vidéo post apocalyptique.
J'ai passé la journée à vélo, et je me suis perdu comme ça ne métais jamais arrivé. Ici, on peut faire quinze kilomètres dans la direction complètement opposée à sa destination. Les rues ne sont
pas droites, elles n'ont pas de nom et les cartes sont de mauvaise qualité. Quand je demande ma route, on prend son temps pour me répondre... Au bout de cinq minutes d'intense réflexion, on me sort
le chemin parfait. "Vous continuez tout droit pendant seize blocs, puis vous tournez à droite et vous laissez passer huit feux. Là c'est à droite encore, et vous prenez à gauche au niveau du
magasin de livre."
par pierre alex
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En ville, les routes se supperposent sur trois ou quatre étages, et les lignes de trains sont autant de saignées dans cette ville qui grandit et qui a besoin de plus en plus de voies de
communication.
Un nouvelle autoroute, pas de problème! On rase une soixantaine de baraques en bois, quatres petits immeubles, pas de quoi casser une patte à trois canards.
Et oui, faut dire qu'ici, ce n'est pas le fantôme d'un préfet du XIXè siècle qui décide de l'organisation de la cité...
Je reparlerai de ça un autre jour. Ca fait partie des paradoxes franco japonais...
par pierre alex
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Aujourd'hui, premier cours de japonais.
Les leçons sont offertes par la ville de Shibuya, et assurées par des professeurs volontaires.
Elles ont lieu à Waseda Hoshien, une annexe de l'université Waseda, dans le quartier de Takadanobaba.
Bon, je sais dire comment je m'appelle, et j'ai appris des petits trucs sur la grammaire, mais je sens que ça va être une route longue et difficile.
Sur le chemin du retour, ce temple. Quelques salary men y passent, en sortant du bureau... Que demandent-ils dans leurs prières? La question de la religion paraît très en retrait au Japon.
Peut-être qu'entre prêtre Shintoistes, Bonzes et missionaires, il a fallu se faire de la place. On relativise, du coup. C'est sans doute pas plus mal.
par pierre alex
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Aujourd'hui, dernier jours des Golden Week (ouf ! ), une petite ballade dans mon quartier.
Yoyogi Uehara est une petite station où passent la ligne "Odakyu", qui monte sur Shinjuku, et le métro.
Il est donc bien desservi.
Beaucoup de maisons individuelles, voire de petits immeubles, et des commerces de proximité.
Les Porsches Cayenne se glissent dans les ruelles, il y a du fric par ici.
De superbes maisons, des jardins que l'on devine magnifiques (on ne les voit pas de la rue, discrétion oblige).Le seul problème de mon quartier, c'est qu'il est impossible d'y boire un café à moins
de 3 euros.
C'est pas grave, j'ai mon vélo.
par pierre alex
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Vous connaissez le bar de "Lost in translation", où Bill Murray traîne ses guêtres?
Et bien des endroits comme ça il y en a partout à Tokyo.
Calés en haut des tours, des espaces un peu lounge, très "classe affaire", et qui pratiquent des tarifs loin d'être délirants. La ville s'étend sur des kilomètres, on n'en cerne pas les limites.
C'est comme si elle n'en avait pas. Tokyo, mégapole infinie.
Puis, on change d'optique. On passe du grand angle au zoom, et on observe ces îlots de bois qui se développent comme une gangraine au pied des gratte ciels. En fait les limites de Tokyo, elles ne
sont pas à l'extérieurs. Il faut les chercher dans la ville.
Je repense à cette phrase du rappeur Médine, dans "Rappeur de Force", sur la compile "Illégale Radio" :
"Un jour au toit du monde, l'autre au pied des tours"...
clip de médine
par pierre alex
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Si Roppongi est un quartier peu apprécié, Roppongi Hills est une destination prisée pour les familles en mal d'activité dominicale. Entre Tiffany, Adidas, Zadig et Voltaire, on va au cinéma dans
une salle multimultiplexe. On boit un café dans un des nombreux bars lounges, et éventuellement on monte au 52ème étage pour se faire une expo dans l'excellent Mori Art Center.
J'ai vu cette après midi la collection des BMW peintes par Liechtenstein, Stella, Hockney et quelques autres. J'étais content, c'est la première fois qu'une expo réconcilie mon intérêt pour l'art
contemporain avec mon appétit automobile. pour terminer cette journée, je me suis pris un expresso au café du musée. Au 52 ème étage, tout a plus de goût...
par pierre alex
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Aoyama dori est un boulevard qui relie Omote-Sando à Shibuya. Il faut savoir qu'Omote Sando, c'est les Champs Elysées. Chric, fime, fic. Plus Aoyama dori s'éloigne de ce quartier, et plus ça
devient moche. Mais on tombe sur de belles petites librairies, une fois dépassée l'université des Nations Unies.
Information utile (il en faut), si vous êtes de passage au Japon, les Nations Unies vous permettent de surfer gratuitement sur internet et d'imprimer pour trois fois rien.
Alors, histoire de raconter ma vie, je me suis enfin lancé pour des cours de japonais.
La mairie de Shibuya propose des tas de cours gratuits... rendez-vous... Samedi prochain, Golden Week oblige...
Ah la la... Les Golden Weeks, c'est vraiment génial quand on travaille, mais quand on recherche du taf, c'est l'enfer :
Même pas la peine d'envoyer un CV, il n'y a personne pour répondre, et le pire c'est que comme tu ne travailles pas, tu n'as pas d'argent à dépenser pour sortir avec les autres ^^
par pierre alex
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Aujourd'hui, un petit détour par Kichijoji, un joli quartier un peu excentré.
Je me pose dans un "Boutor", une chaîne de café pas très chère.
Et là, le mieux c'est de s'asseoir et ne rien faire que regarder. A la table à côté, un poète trace des Kanjis sur un beau carnet.
Les clients qui vont et qui viennent, les styles vestimentaires, les habitudes.
On devine qui travaille dans les bureaux ou dans les chantiers, qui a fait du shopping et qui sort de la salle de sport. Comme dans le métro, les téléphones sont dégainés à tout bout de champs, et
que je te consulte internet, et que je t'envoie un mail et que je joue à tetris ou matte la télé.
En partant, je lance un coup d'oeil à mon voisin littéraire. En fait de poésie, ce sont des courbes de ventes ou des calculs de résistance qu'il griffone sur son cahier...
par pierre alex
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