Mardi 30 juin 2009









Voilà, c'est fait.
Merci à tous ceux qui ont fait le déplacement, on m'a même offert des fleurs, du champagne, des bouteilles, des confitures et des chocolats !!!!
Merci au staff du Dish, ils sont restés jusqu'à 6.00 du matin pour m'aider à accrocher les 140 dessins !
Une jolie soirée,
et maintenant ça dure un mois !

Bref une grande première.
Par pierre alex - Communauté : Tokyo
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Mardi 23 juin 2009


Il fait chaud, à Tokyo.
Très chaud, et humide aussi, et on se réfugie dans les convenient stores pour échapper à la cuisson ambiante.
L'été revient, et tout le monde s'en plaint.
Il fait humide, c'est trop chaud, il fait lourd et encore tu verras avec les typhons ce sera le pompom.

Si vous êtes de passage, passez donc au Dish, Yoyogi Uehara, pour boire un ice café et regarder mes dessins. Il y en aura plein, 150, et pendant un mois.

http://www.dish-organic.com/access.html

A part ça, pas trop d'explications  pour la désertion. La préparation de ce petit évènement, un peu de travail, et une inspiration en perte de vitesse. Je ne sais plus trop quoi raconter sur cette ville, et je cherche ^^

Je déménage loin de Shibuya, j'habite maintenant à Akihabara, ce sera l'occasion de décrire ce quartier.

A très bientôt!

Pierre.
Par pierre alex - Communauté : Les Zillustrateurs en devenir
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Dimanche 22 mars 2009


Un mois. C'est long.
Qu'est-ce qu'il se passe en un mois?
Faisons le compte :
60 leçons de français
29 bières et quelques verres de saké
19 heures de bicyclette et 36 heures de train (il a beaucoup plu)
une bonne centaine d'heure de procrastination
une autre centaine à travailler sur mon site "pro" dont je redonne l'adresse :
http://underwork.wordpress.com/

Au croisement entre la Yamate Dori et la Koshu Kaido avenue, cet échangeur parade, quinze mètres au-dessus du sol, sans se soucier de sa complète incongruité. Pas de pitié pour l'harmonie ni le cadre de vie. L'autoroute est une autoroute. Une ville où le regard ne s'échappe pas. Traqué, aiguillé, il monte vers le ciel et s'abbreuve de la petite bande bleue entre le parapet de la quatre-voies et la cîmes des immeubles.
Par pierre alex - Publié dans : ambiances - Communauté : Tokyo
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Dimanche 22 février 2009


Je donne régulièrement des cours de français à Fujisawa, à une heure de train de Shinjuku, sur la ligne Odakyu. C'est là-bas que j'ai croisé ces "volontaires", membres d'une association, qui déployaient bannières et banderoles et tractaient activement. Je leur ai demandé ce qu'il faisait, et une dame m'a gentiment expliqué qu'ils militaient contre l'alcool et la cigarette chez les jeunes.

On croise souvent ce genre d'associations, dans différents quartiers de Tokyo. A Shibuya, il s'agit de nettoyer les rues "jonchées" de mégots et d'emballage (ici, la tolérance pour la saleté est proche de zéro).

Je me demande quand même si ces citoyens "citoyens" n'ont pas autre chose à faire de leur maigre temps libre que d'empêcher les autres de salire, boire ou fumer. Quitte à s'engager activement pour une bonne cause, ils pourraient militer pour l'arrêt de la chasse à la baleine, une alternative anarcho autonome, ou contre la fermeture des Sentos, ces bains publics si agréables.

Je ne les aime pas trop, ces espèces de vieux moralistes, qui après avoir passé une bonne partie de leur vie à s'ennuyer, se structurent et s'activent pour donner mauvaise conscience aux autres. Et se faisant, reproduisent les hiérarchies et les contraintes qu'ils subissent au travail. En somme, ils en redemandent.

Je préfère passer ma route.


Par pierre alex - Publié dans : ambiances - Communauté : Tokyo
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Mercredi 11 février 2009
Bonjour,
Juste un petit mot pour justifier ma faible productivité des derniers temps.
Non seulement il y a le froid, mais en plus je travaille sur un autre blog, qui est plus un site internet, un portfolio en ligne où je montre mes projets de design. Comme je ne croule pas sous les projets, je me suis dit qu'il était peut-être temps de faire ça !
Allez-y  jeter un coup d'oeil si vous avez le temps, et n'hésitez pas à me donner votre avis.
Pour le moment, c'est en construction, il y a peu de choses, mais je travaille activement là-dessus, histoire que le site soit opérationnel d'ici une semaine, que je décroche un contrat du feu de dieu et que je puisse partir à Hokkaido dire bonjour à ma pote Sara (soyons optimiste ^^ )
A bientôt,
Pierre.

underwork
Par pierre alex
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Dimanche 8 février 2009



























Le train, encore.

C'est qu'il fait froid ces temps-ci, il est difficile de rester planté dehors par ces températures.
Difficile aussi de dessiner avec des gants.
Alors, je prends le train, je regarde les passagers et parfois je les dessine.
En ce moment la vie est bizarre. Comme une situation éphémère qui dure.
J'enchaîne les leçons de français, les mails pour du travail, les entretiens pour des petits boulots.
C'est la crise, mais ça veut dire quoi exactement?
Pourquoi tout le monde continue-t-il à aller au travail, à sortir, si plus rien ne se fait, s'il n'y a plus d'argent pour rien?
La crise comme épée de Damoclès. Une courbe qui baisse, et les règles du jeu qui changent.
"Attention, au bout de trois, on devient tous pauvres et on embauche plus personne".

Ca m'a surpris, la crise.
Je pensais qu'on était déjà en crise, avec le taux de chômage à deux chiffres et les fermetures d'usines.
Mais en fait, non, tout allait bien, étais-je bête!

Par contre, maintenant... Il va falloir s'accrocher les gars, parce que là, c'est pas de la rigolade.

J'ai une suggestion :
On arrête un peu les conneries, on laisse les robots s'occuper de nous faire le minimum pour qu'on aie tous à bouffer pendant qu'on se la coule douce et qu'on se concentre sur des choses inutiles comme l'art, l'écriture, la recherche. Pour le plaisir.
Alors évidemment, plus personne ne pourra se payer une Porsche.

C'est pas grave, on prendra le train.

Par pierre alex - Publié dans : métaphysique - Communauté : Les Zillustrateurs en devenir
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Dimanche 1 février 2009



Ce restaurant à anguille se trouve juste en face du carrefour de Shibuya qui me plaît tant.
Il faut lever la tête. C'est déterminant ici, si on veut éviter de se retrouver chez Macdonald's.
Les restaurants, les cafés, le karaokes et tout ce qui est cool prennent de la hauteur. A Paris, on rase le bitume.
Hors du rez-de-chaussée, point de salut.
C'est sûrement ça le plus dépaysant, ici. La ville se lit dans les trois dimensions.
Habitués à jongler entre les étages sous-terrains dans le métro, à utiliser des passerelles pour traverser la rue, passerelles qui se connectent pour former de véritables galeries aériennes au-dessus d'un quartier, à prendre l'autoroute à la cîme de la ville, ou un scotch au 54ème étage, les Japonais rigolent quand je sors mes cartes routières, vaine tentative pour appréhender l'espace.
La ville ne s'écrit pas. Elle se dessine un peu. Elle se lit, elle s'apprend, elle se goûte.
Par pierre alex - Publié dans : ambiances - Communauté : Tokyo
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Samedi 24 janvier 2009



Gagner de l'argent, ça prend du temps.
Depuis mon bar préféré, en sirotant un café froid, je regarde les salarymen aller au bureau.
Le pas est raide, la démarche robotique, je me demande si ce n'est pas l'attaché case qui fait tout. Projeté en avant par un système secret, le salarié costumé se hisse derrière pas après pas, à la force de ses bras. Le défilé de 9 heures à 10 heures est sans doute le meilleur moment de ma journée, celui qui va justifier tous les autres.
C'est le début d'une longue méditation, de recherches littéraires et artistiques sur des sujets qui m'intéressent, d'interrogations sur les convictions, la liberté, le design et comment je vais pouvoir terminer ma semaine avec 1000 yens. Une note. Un dessin. Une idée. Un mail, un coup de téléphone, et une 3D à terminer pour un salaire indéterminé. Travailler avec Takashimaya? Avec plaisir. A partir d'avril? Oups, comment je vais me nourir d'ici là?
Je triche. Je travaille un petit peu. Je donne des cours de français, de quoi payer mon loyer et des spaghettis.
Je pense à la crise économique, et je me dis que ce n'est pas le moment de vouloir à tout prix retourner dans la matrice. Attendons un peu de voir comment elle réagit.
Attendons un peu de voir comment je réagis. Ce que je peux inventer.
Car notre système économique repose tout entier sur un quiproquos terrible, récemment souligné par mon ami Olivier, philosophe, otaku, marketeur et prof d'anglais.
Le mécanisme de la bourse, sur lequel repose la colonisation, la modernité et à peu près tout ce qui fait que notre monde est tel qu'il est, est issu de l'usure.
Je te donne 100 yens ce soir, tu m'en rendras 200 demain.
Socrate était pourtant formel. L'usure n'est pas naturelle.
C'est donner de la valeur au temps.
Moi aussi j'accorde de la valeur au temps, et c'est bien pour cela que je ne veux pas le perdre à gagner de l'argent.
Par pierre alex - Publié dans : métaphysique
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Lundi 19 janvier 2009


Une île.
Voilà à quoi je pense quand je vois ce micro immeuble sorti du goudron entre la route et une barre d'habitation.
C'est invraisemblable, je n'ose pas imaginer la gueule du plan d'urbanisme. Une verrue. Des tas de verrues, de bétons et de bois qui poussent ici et là, sans intelligence apparente.
A Tokyo, les maisons sont comme ces espèces de plantes urbaines, qui, à force de volonté, arrivent à émerger entre deux plaques de béton pour se faire écraser par le premier passant.
Sans aucun respect pour la perspective.

Ici, une maison c'est quelque chose de vivant.
D'abord, il y a la procréation. L'achat du terrain, le déblaiement.
Puis vient la phase de gestation. On coule une dalle de bitume et on installe un parking, histoire de ramasser un peu d'argent.
L'accouchement, on monte les charpentes, le béton, portes et fenêtres, et les petites rambardes en aluminium.
C'est prêt. On habite. Dix ans, vingt ans, trente ans. Plus la maison est vieille, plus le loyer décroît.
C'est l'heure de la retraite, petit à petit les locataires déguerpissent.
La maison retourne à la terre.
Rideau.
Par pierre alex - Publié dans : ambiances
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Dimanche 18 janvier 2009



A Shinjuku, on peut se donner rendez-vous à deux endroits.
Le grand classique, c'est l'écran Alta, sortie centrale, mais quelques rebelles préfèrent la sortie sud, en face du GAP. C'est littéral, j'entends par là qu'à Tokyo, les magasins et les marques sont comme un calque sur une surface où les rues n'ont pas de nom. Alors, on se rencontre à côté du macdonalds, du seven eleven (faites attention, y en a plein, on a vite fait de quiproquer), de starbucks ou de n'importe quelle autre entreprise à vocation hégémonique.
Par un terrible renversement du sens, ces entreprises sclérosantes se retrouvent en première ligne dans la définition de l'espace public. Ou plutôt, dans un pays où l'espace public n'a pas d'existence propre, les multinationales débordent dans la rue comme une araignée tisse sa toile.
Ainsi, à Tokyo, lorsque quelqu'un vous donne rendez-vous, les choses sont claires dés le début.
Vous acceptez, de votre plein gré et en toute connaissance de cause, de devenir une proie pour le système marchand.
Par ici la monnaie.
Par pierre alex - Publié dans : ambiances
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